
Un achat immobilier en Andorre et un achat immobilier en France ne se comparent pas uniquement sur le prix au mètre carré. Les deux pays appliquent des régimes juridiques, fiscaux et bancaires distincts qui modifient le coût réel d’acquisition, les droits de l’acheteur étranger et les contraintes à la revente. Comprendre ces écarts suppose de poser chaque mécanisme séparément avant de les mettre en regard.
Taxe sur l’investissement étranger : un surcoût propre à l’Andorre
La France ne prélève aucune taxe spécifique liée à la nationalité de l’acheteur. Un résident fiscal français et un acheteur étranger paient les mêmes droits de mutation, autour du même barème, sans majoration.
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L’Andorre fonctionne différemment. Une taxe progressive sur l’investissement immobilier étranger s’ajoute aux droits de mutation classiques. Son taux varie selon le nombre de biens déjà détenus et leur nature. Pour un premier appartement acheté par un non-résident, le surcoût fiscal peut atteindre plusieurs points de pourcentage du prix d’achat. Cette taxe ne disparaît pas si l’acheteur obtient ensuite la résidence andorrane.
Avant de s’engager, il faut donc comparer un achat en Andorre et en France en intégrant ce poste, souvent absent des simulations rapides.
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Quotas et restrictions d’achat en Andorre face à la liberté d’acquisition en France
Le droit français autorise toute personne, quelle que soit sa nationalité ou sa situation de résidence, à acheter un bien immobilier. Le ministère de la Justice a réaffirmé cette position en août 2025 : aucune restriction de nationalité ne limite le droit d’acheter en France, y compris pour un étranger sans titre de séjour.
L’Andorre a pris la direction opposée. La loi Omnibus encadre désormais les acquisitions des non-résidents par un système de quotas.

- Un non-résident ne peut acheter qu’un maximum d’un chalet ou deux appartements sur le territoire andorran.
- Les promotions immobilières neuves doivent proposer au moins 50 % de logements à prix abordable pour être autorisées.
- Une autorisation d’investissement étranger délivrée par le gouvernement andorran reste obligatoire avant toute signature notariale.
Ces contraintes répondent à la flambée des prix provoquée par l’afflux d’acheteurs étrangers. Le marché français, malgré ses zones tendues, n’impose ni quota de biens par acheteur ni obligation de logement abordable dans les programmes privés.
Droits de mutation et frais de notaire : deux structures de coût différentes
En France, les droits de mutation pour un bien ancien tournent autour de 7 à 8 % du prix de vente (incluant la rémunération du notaire, les taxes départementales et communales). Pour un bien neuf, ce taux descend nettement.
En Andorre, l’impôt sur les transmissions patrimoniales immobilières (ITP) s’élève à 4 %. Ce taux paraît inférieur, mais il faut y ajouter la taxe sur l’investissement étranger pour les non-résidents, qui peut porter le total bien au-delà du barème français selon le profil de l’acheteur.
Le coût d’entrée réel dépend du statut de résidence de l’acheteur, pas du taux facial affiché. Un résident fiscal andorran depuis plus de trois ans échappe à la surtaxe étrangère et bénéficie d’un coût d’acquisition sensiblement plus bas qu’en France. Un non-résident qui achète son deuxième bien en Andorre peut se retrouver à un niveau de frais comparable, voire supérieur.
Financement bancaire : des conditions d’emprunt qui divergent
Les banques andorranes prêtent aux résidents fiscaux jusqu’à environ 80 % de la valeur du bien. Pour un non-résident, le ratio prêt/valeur descend, et les conditions d’octroi se durcissent (apport plus élevé, garanties supplémentaires).
En France, les banques financent régulièrement entre 80 et 100 % du prix d’achat pour les résidents. Un acheteur non-résident peut obtenir un crédit immobilier en France, mais les établissements exigent généralement des revenus déclarés sur le territoire ou des garanties spécifiques (nantissement, hypothèque renforcée).
La différence principale tient à la maturité du marché du crédit. Le système bancaire français propose des durées d’emprunt longues (20 à 25 ans) avec des taux encadrés par les règles du HCSF. Le marché andorran, plus restreint, offre des durées et des taux qui varient davantage d’un établissement à l’autre, avec moins de concurrence entre prêteurs.
L’apport personnel comme variable décisive
Dans les deux pays, l’apport personnel détermine la faisabilité du projet. En Andorre, un non-résident doit souvent couvrir la totalité du prix d’achat plus les taxes sans recours au crédit local, ce qui oriente le marché vers des acheteurs disposant d’un capital disponible élevé. En France, le levier bancaire reste accessible à un plus grand nombre de profils.
Fiscalité à la revente : plus-value et imposition comparées
La revente d’un bien en Andorre génère une imposition sur la plus-value dont le taux diminue avec la durée de détention. L’exonération totale de plus-value en Andorre intervient après une durée de détention relativement courte comparée au régime français, où l’exonération complète de l’impôt sur le revenu n’intervient qu’après 22 ans de détention (et 30 ans pour les prélèvements sociaux).
Ce paramètre change la stratégie d’investissement. Un acheteur qui prévoit de revendre à moyen terme a un avantage fiscal net en Andorre. Un acheteur qui conserve son bien sur le très long terme verra l’écart se réduire progressivement.

Le choix entre les deux pays ne se résume pas à un tableau comparatif de taux. Le statut de résidence, le nombre de biens déjà détenus, la capacité d’apport et l’horizon de détention modifient chaque ligne du calcul.
Un non-résident fortuné qui cible un pied-à-terre trouvera en Andorre une fiscalité de détention légère mais un accès réglementé. Un primo-accédant disposant d’un apport modeste aura plus de levier bancaire en France, avec un coût fiscal de sortie plus lourd à moyen terme.